Le statut social du metteur en scène

Interview d’Armand Eloi sur les droits du metteur en scène et ses obligations :

L’Ecole des femmes de Molière – m.e.s d’Armand Eloi au Théâtre 14 Photo : Lot

Quels est le préalable avant d’envisager de mettre en scène une oeuvre dramatique ?

Armand Eloi : Pour mettre en scène un spectacle, il faut avant tout s’assurer que le producteur de celui-ci, qu’il soit privé ou public, dispose de l’autorisation de l’auteur du texte ou de ses ayants droit, sauf si l’oeuvre est entrée dans le « domaine public », 70 ans après la mort de son auteur.

Parlez-nous du statut du metteur en scène ?

Armand Eloi : Le metteur en scène est un artiste auteur. C’est à dire qu’il a un double statut : il est considéré comme artiste salarié pour l’exécution matérielle de son œuvre (essentiellement les répétitions), et comme auteur de celle-ci pour son exploitation (les représentations) : il est alors rémunéré en droits d’auteur. Il y a aussi la possibilité, mal connue, de lui passer commande d’une mise en scène, et son travail de préparation peut également être rémunéré en droits d’auteur.

À quel moment agir exactement ?

Armand Eloi : Lorsque le spectacle dispose d’une production et d’une date de création, il est recommandé de « déclarer » sa mise en scène à la SACD : on indique alors le pourcentage de droits d’auteur que cette société percevra sur la recette ou le prix de cession de chaque représentation. Ce taux est généralement compris entre 2 et 4 %. Pour enregistrer cette déclaration, la SACD demandera à voir le contrat qui lie le producteur au metteur en scène, et s’assurera que les répétitions font bien l’objet d’une rémunération sous forme de salaire, car c’est obligatoire. 

Il est également recommandé de « déposer » sa mise en scène à la SACD, sous forme d’un carnet ou d’une captation, afin d’éviter toute contrefaçon. 

Comment est rémunéré le metteur en scène ?

Armand Eloi : Pour la partie salariée de son travail, le metteur en scène est un artiste cadre. Il ne bénéficie pas de l’abattement forfaitaire pour frais professionnels de 25% accordé aux comédiens. Malgré ce statut de cadre, le metteur en scène est oublié dans les conventions collectives du spectacle vivant et est souvent rémunéré au SMIC pour les répétitions. Pour ne pas voir ses droits d’auteur requalifiés en salaires par l’URSSAF, le metteur en scène doit avoir au moins autant d’heures de répétition déclarées que le comédien qui répète le plus. 

Si le metteur en scène est présent lors d’une représentation et participe à sa mise en œuvre, rien ne l’empêche de percevoir, outre ses droits d’auteur, un salaire sous forme de cachet.

Armand Eloi est acteur et metteur en scène. Diplômé ENSATT il a tourné pour la télévision et le cinéma tout en mettant en scène des spectacles du répertoire classique et contemporain. Il est également trésorier du SNMS (Syndicat National des Metteurs en Scène).

Liens utiles :

SACD

Syndicat National des Metteurs en Scène

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